Du bar de leurs débuts aux O2 bien remplis, retour sur la tournée européenne surprenante d’As It Is avec un passage obligatoire par La Boule Noire. Un événement à vivre avec Holding Absence, Courage My Love et Trash Boat.

Cet été As Is It prenait un nouveau tournant en présentant son album The Great Depression. Plus sombre, très intelligent, cet opus remet au goût du jour l’émo qui fait du bien tout en essayant de véhiculer un message positif et utile. Après avoir présenté pour la première fois leurs nouvelles chansons sur scène au Japon en co-headline avec Set It Off, les garçons étaient de retour en Europe pour une tournée en deux temps. Comment alors résister à ces dates qui proposent à la fois petites salles intimistes et O2, le tout complété par des sets atypiques ? Curieux comme nous sommes, nous voilà embarqués sur la route avec As It Is… Oops we did it again. On partage avec vous notre carnet de voyages entre Paris et l’Angleterre.

Il y a presque deux ans, les garçons accompagnaient State Champs sur la scène de La Boule Noire avec leur album Okay. Aujourd’hui ils reviennent pour leur propre concert dans cette même salle. Une année, deux concerts parisiens d’As It Is mais deux ambiances bien différentes. Année chargée pour ce groupe qui nous prouve une fois encore qu’il ne craint pas d’expérimenter et de se réinventer. Sur scène à leurs côtés trois groupes représentant le rock dans tout ses états : Holding Abscence, Courage My Love et Trash Boat.

Holding Absence, puissance rock et mélodies envoûtantes

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Le concert commence fort avec une de nos plus belles révélations de 2018 à suivre activement cette année : Holding Absence.

Alors qu’ils débarquent sur scène avec seulement quelques rares morceaux à leur répertoire, Lucas, Chris, James, Scott et Ash peuvent se vanter de savoir attirer notre attention. Leur force ? Cette puissance rythmique alliée à la voix de Lucas Woodland naviguant brillamment entre un chant d’une douceur presque aérienne et un screamo passionné. Cette impression de fragilité et de rupture sur fond de musique dramatique donne un impact fort à chacun des morceaux. Ils résonnent en nous à chaque instant pour nous prendre aux tripes. Penance, Dream Of Me ou encore Saint Cecilia nous laissent comme une emprunte exquise. Ce don nous rappellerait presque l’audace de Bring Me The Horizon.

Autre point fort d’Holding Absence : des mélodies et paroles qui se retiennent facilement à l’image d’Everything et de leur dernier morceau Like A Shadow.
Le titre débarque sur Youtube avec un clip fidèle à leur esthétique chic noir et blanc quelques heures seulement après leur performance en Belgique. Ce nouveau titre est un de nos véritables coups de cœur de la soirée et laisse présager une année 2019 plutôt prometteuse pour le groupe.

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Leur tout premier album sortira le 8 mars prochain, soit seulement quelques jours avant leur concert à l’Internationale en première partie de Capsize le 19 mars.

Une histoire à suivre donc de très près …

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Courage My Love, bonne ambiance et ouverture du dancefloor

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Avec Courage My Love on prend un tournant plus dansant. La fosse se transforme en dancefloor et on accompagne volontiers les pas de Mercedes Arn-Horn qui se déhanche au son de Stereo et de Tough Love. On apprécie ce petit côté Pop acidulé couplé à la bonne humeur du groupe qui est très proche de son public.

Le trio nous joue également son dernier très bon morceau, Remission et une cover feelgood d’Electric Feel de MGMT.

Bonne énergie Pop Rock, ambiance décontractée, avec Courage My Love, c’est un peu comme une bonne soirée entre potes. La foule parisienne semble aimé ce rock très positif et dansant venu tout droit du Canada et adopte rapidement le trio.

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Belle transition pour accueillir une autre joyeuse bande : Trash Boat.
Les changements d’ambiance gardent le public dans une réelle excitation. As It Is a sélectionné intelligemment leurs potes de tournée. Le choix s’annonce être un véritable challenge quand 4 groupes se partagent une même scène tous les soirs. The Great Depression Tour rend justice au talent des premières parties qui ne sont pas là pour vous faire attendre mais pour remplir la véritable fonction de guests : vous faire découvrir tout simplement vos nouveaux groupes préférés de demain.

Trash Boat, énergie Pop Punk et échauffement du pit

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On a échauffé les esprits, le planché et si maintenant on passait aux muscles avec un set un peu plus physique ? Comptez sur Trash Boat pour vous faire transpirer. Premier exercice de taille avec leur dernier titre Inside Out. Le circle pit prend forme et s’enchaînent dans une bonne dynamique Tring Quarry, How Selfish I Seem, Nothing New et Controlled  Burn.

Le son de La Boule Noire comme beaucoup de petites salles du tour misent à fond sur la puissance sonore des guitares et de la batterie, ce qui d’après nous gâche un peu le potentiel des chansons surtout pour les novices. Compliqué alors de comprendre les paroles ou de se repérer dans certaines chansons mais c’est sans compter sur la puissance vocale de Tobi Duncan. On se laisse ainsi porter dans l’euphorie du moment jusqu’à un fin du set composé de deux de nos coups de cœur : Shade et Strangers.

S’il est dommage de devoir tourner longtemps dans la salle pour trouver le meilleur point d’écoute surtout quand la fosse bouge autant on se dit que la meilleure option reste finalement de vivre le moment en se mêlant aux mouvements de foule. Bien qu’agitée la fosse reste unie d’une belle solidarité Pop Punk offrant déjà de beaux crowdsurfs qu’on sait toujours extrêmement nombreux aux concerts d’As It Is. Alors que certains se sentent pousser des ailes et surfent pour la toute première fois sur le toit du monde au son de Nothing New, d’autres préfèrent se heurter aux pogos.

On aimera également à certains moments clés se retirer du mosh pit pour savourer et écouter plus attentivement quelques morceaux plus nuancés comme Old Soul.

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Les O2 de Grande Bretagne seront redonnés toute la grandeur au son de Trash Boat permettant d’apprécier plus intensément chaque morceau. Ce set parisien reste tout de même une bonne vitrine pour Crown Shyness sorti l’été dernier et dévoilant ainsi une facette plus post-hardcore. Au-delà d’un son en pleine mutation, c’est aussi l’occasion de constater les progrès de Tobi, non seulement sur un screamo toujours plus juste et puissance mais également sur la voix chantée.

AS IT IS, en rouge et noir

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Les premières notes de basse de The Reaper résonnent et l’excitation monte au rythme des guitares qui rejoignent Alistair Testo sur scène. Patty Walters fait alors une entrée fracassante sur un screamo efficace. Sur scène à côté de Ben Langford-Biss, le nouveau guitariste, Ronnie Ish. Habitué depuis des années à travailler backstage avec le groupe et désormais depuis l’année dernière sur scène à leurs côtés, Ronnie maîtrise les riffs les  plus complexes des anciennes et nouvelles chansons. Loin de briller seulement sur scène, le musicien a également su convaincre les fans par sa complicité et son accessibilité. Ben et lui font crier les guitares faisant monter l’ambiance crescendo jusqu’au retour de Tobi Duncan sur scène. Le chanteur de Trash Boat prend ainsi la relève compliquée d’Aaron Gillespie (Underoath). Le challenge est cependant brillamment relevé et Tobi nous livre sans doute sa plus belle prestation de la soirée.

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The Great Depression est largement mis à l’honneur ce soir avec pas moins de 10 titres sur 12 de l’album. Toutes plus poignantes et puissantes les unes que les autres, il est difficile de balancer un coup de cœur mais il faut dire que The Reaper fait joliment les présentations. The Fire, The Dark nous fait également vibrer et les garçons touchent notre corde sensible avec The Two Tongues (Screaming Salvation) et The End. Le début de The Two Tongues et son intro venue d’outre tombes nous donne la chaire de poule et nous happe de plein fouet.

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A The Great Depression s’ajoute une esthétique noire et rouge à faire pâlir de jalousie nos plus grandes icônes émos : lumières colorées, costume rouge et noir sans oublié le maquillage assorti jusqu’au rouge à lèvre noir… Qu’on ne vous entendent pas crier au too much.

Cinq titres d’Okay viennent nuancés le set d’une note plus Pop Punk. Un petit bonheur que de retrouver des titres très personnels du groupe comme Austen et Hey Rachel. Mixant étonnamment émotion et énergie, As It Is offrait déjà en 2017 ces chansons fortes auxquels les fans aiment à s’identifier. A travers les années, les garçons ont su développé ce qui est sévère être leur gros point fort. Par leurs textes très humains laissant une grande liberté d’interprétation sur des sujets tels que la famille, l’amour ou encore la dépression, ils offrent à leur public un miroir dans lequel il est agréable de se regarder mais surtout qui sévère d’une extrême justesse.
On retrouve aussi la très populaire et efficace Soapla douce Still Remembering et notre chouchoute, No Way Out .

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Deux rescapés plus anciennes : l’incontournable Dial Tones et la favorite des débuts Can’t Save Myself. Ce dernier titre est tout droit sorti de leur tout « premier EP », The Mind Of Mine. Si les fans savent qu’on retrouve avant Two Track et Blenheim Place en 2012 et 2013, le groupe s’amuse à prétendre son absence de titres avant 2014.

Les deux regrettées de The Great Depression sont The Haunting et The Hurt, The Hope. On passe ainsi directement à The End, sans doute l’un des titres les plus déchirants de la soirée. L’écho en boucle des paroles « Nobody’s listening » résonne en nous pour nous émouvoir avant d’atteindre le couplet final, véritable appel au secours déchirant. Après tout, l’acceptation est toujours difficile quand il est question de laisser partir le groupe de la soirée, passer directement au chapitre final est donc un clin d’oeil assez malin. La sélection des titres, toujours nécessaire, ne nous laisse tout de même pas pour compte. Rares sont les nouveaux albums pouvant jouir d’une aussi grosse visibilité sur scène avec 10 titres joués.

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Mais rien n’est jamais tout à fait fini n’est-ce pas ?
A l’image de sa personnalité généreuse, As It Is revient sur scène pour un rappel de 3 chansons. Petit retour dans le passé avec Dial Tones qui nous ramène dans les rues de Brighton et à un son radicalement Pop Punk. Puis les deux premiers extraits de The Great Depression sortis cet été et vécus en live au Warped Tour viennent finir le set : The Wounded World et The Stigma (Boys Don’t Cry).

Ce soir nous vivons une nouvelle « ère » émo avec un tour qui s’inscrit définitivement comme le meilleur du groupe : la scène est mieux maîtrisée, les chansons des plus iconiques et s’ajoute un tout nouveau sens du show et de l’esthétique. Et si bien au-delà d’une ère nous étions tout simplement en train de rencontrer ici une autre des nombreuses facettes d’As It Is ? Les vrais As It Is ?
Patty Walters se dévoile davantage sur The Great Depression lors d’une interview à paraître très prochainement sur notre site.

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Quant est -t- il du reste du tour ?

Setlist

The Reaper
The Handwritten Letter
No Way Out
The Great Depression
The Fire, the Dark
Austen
Hey Rachel
Soap
The Question, the Answer
Still Remembering
Can’t Save Myself
The Truth I’ll Never Tell
The Two Tongues (Screaming Salvation)
The End.

Rappel:
Dial Tones
The Wounded World
The Stigma (Boys Don’t Cry)

Des sets peu communs

As Is It poursuit le reste de la tournée avec deux nouvelles petites dates sur Bristol et Edimbourg. La première date anglaise est surprenante sur la péniche tanguant du Thekla pour un show animé.

De l’animation il y en a aussi à Edimbourg avec un petit conflit avec la sécurité qui oblige les garçons à écourter le concert après une première tentative vouée à l’échec. Le groupe prend alors l’initiative de rejoindre les fans dans la rue pour finir le set. Patty attrape une guitare, suivi de Ben sur les talons. Ils sortent sur Victoria Street pour interpréter The Stigma (Boys Don’t Cry). « Stay Strong, Hold On« , des mots qui résume assez bien la situation de ce soir et qui résonnent dans la rue qui a inspiré J.K. Rowling pour la création de Diagon Alley (ça c’est pour notre petit côté geek. C’est cadeau.)

Petit saut dans le temps. Sur scène, en direct de Londres, ils annoncent ensuite une date supplémentaire à seulement 5 jours de l’événement. Le voile se lève sur la surprise: un show à Brighton au Sticky Mike’s Frog Bar, la salle de leurs débuts.

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Avant de vivre ce dernier round, ils vous donnent rendez-vous dans un cadre plus posé avec un set acoustique dans une église de Kingston. Quelques minutes avant l’ouverture des portes, le groupe sort à la recherche d’une première partie et trouve une fan talentueuse qui accepte le défi.

Ben et Patty préparent alors un set intimiste qui revisitent leurs plus grands classiques et quelques nouvelles chansons plus difficiles à adapter en acoustique. Le petit réglage de guitares entre les chansons laisse l’opportunité à Ronnie de venir répondre à quelques questions.

Petite mention spéciale pour les quelques notes de Stacy’s Mom, dans une église, il fallait oser.

Des O2 impressionnants

On monte d’un grade avec les villes de Manchester, Birmingham et Londres en s’attaquant à des O2. As It Is réalise ici ses plus gros headlines et le public est au rendez-vous, l’émotion aussi (surtout pour la dernière date dans la capitale). La scène subit un petit glow up pour l’occasion avec feux d’artifices et décor toujours plus rouge et noir.

Ce soir là, un autre record est atteint : celui du plus grand nombre de crowd surfs depuis l’ouverture de la salle avec pas moins de 500 portés réalisés sur 4 heures. C’est ce qu’on appelle un concert mouvementé.

Quant à Trash Boat, il nous livre ce soir son plus beau set du tour. Bravo les gars !

Un retour aux sources: The Coast Is Where Home Is

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La boucle est bouclée : tout a commencé à Brighton en 2012 et voilà que ce soir nous sommes de retour sur leur première scène en sous soul du Sticky Mike’s Frog Bar. Bien loin de leur petite notoriété de l’époque, les 270 places mises en vente seulement 48H avant la date se sont vendues en seulement quelques secondes.

Peu de nouvelles chansons au programme mais de très anciennes pépites comme Cheap Shots & Setbacks, Horoscopes, Relive The Story et Bitter Broken Me. On va encore plus loin dans l’audace avec l’intégralité des 2 premiers EPs connus seulement des plus assidus. On assiste alors à la toute dernière prestation de January.

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Les membres eux-mêmes avouent avoir quelques lacunes mais s’amusent à essayer des titres qu’ils n’ont pas rejoués pour certains depuis bien longtemps et sans aucune préparation. Ils demandent à des fans de venir les remplacer à l’occasion à la guitare ou encore au chant alors que pendant ce temps, Patty remplace Ronnie.

L’ambiance est folle. C’est bas de plafond, ça pogotte, il fait très chaud, nous sommes tous extrêmement serrés et les chutes ont un effet domino… Bien loin de l’ambiance des concerts habituels, ce soir nous assistons à un concert d’un petit groupe local venu passé un bon moment entre amis dans un petit pub de la côte. Ce set bien moins sérieux mais très nostalgique et simple conclu joliment un beau tour européen qui aura rempli toutes ses promesses.

Prêts pour le deuxième round en mars ?

Setlist @ The Sticky Mike’s

The Reaper
The Handwritten Letter
No Way Out
Cheap Shots & Setbacks
Bitter, Broken Me
Horoscopes
Can’t Save Myself
Relive the Story (en partie)
Every Year Gets Better
John Hughes
Upswing
January
Often
We Fight Back
Pilgrims
Hey Rachel
The Stigma (Boys Don’t Cry)
Dial Tones
The Wounded World

Gallerie @ Paris

Holding Absence

Courage My Love

Trash Boat

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