Le mois de mars commençait en beauté pour nous qui avions rendez vous le lundi 5 au Backstage By The Mill, pour une soirée punk rock aminée par As It Is, en compagnie de Grayscale, Courage My Love, ainsi que WSTR.

GRAYSCALE

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© Aurélie Renault pour Above The Noise

La soirée commence par Grayscale, tout jeune groupe américain à fort potentiel. Si la foule n’est pas encore bien constituée, cela ne démoralise pas la formation qui se donne à fond. Leurs morceaux sont plutôt calmes, sans prétention, mais ils ne sont pas moins forts et carrés pour autant. Parmi celle ci, nous aurons le droit à la superbe Palette, nous dépeignant les talents de la formation, ou encore Beautiful Things et ses riffs enivrants, sans oublier leurs bijoux Mum et Atlantic. En peu de morceaux, les garçons nous proposent un panel très bref, mais très complet de ce dont ils sont capables. L’ambiance prend peut à peu, mais la setlist, aussi bonne soit-elle, manque peut-être un peu de punch. Le public reste plutôt en surface, ne connaissant pas forcément les garçons – ce à quoi le frontman réagit, non sans humour « Qui n’a jamais entendu parler de nous ? Ah ouais, ça ne m’étonne pas, nous non plus ! Je m’en doutais ! ».

Pourtant, au fil des morceaux, le public se réveille, et il se trouve même qu’ils ont leur propre audience. Petite certes, mais ils ont déjà un petit groupe de fans dévoués. Les garçons leur rendront bien, et le clin d’oeil sera parfait lorsque le frontman portera le drapeau français sur scène, et le gardera, fixé à son micro, pour la
fin du set.
Grayscale aura peu clamer être une échelle de gris, ce qui est sans doute vrai par la
palette de leurs morceaux, il n’en seront pas moins un gris brillant pour autant.

COURAGE MY LOVE

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© Aurélie Renault pour Above The Noise

C’est au tour de Courage My Love de conquérir nos cœurs. Le trio énergique nous envoûte dès les premières notes de leur set. Le ton est donné par Animal Heart, suivie de Love Hurts, qui font immédiatement danser l’audience. Leurs morceaux emplis de force, d’énergie, et d’une féminité représentée par la famille Arn-Horn, qui fait du bien à voir dans cette scène majoritairement masculine, font que le groupe se dénote positivement du reste de la soirée. On pourrait facilement leur confier la tête d’affiche, comme ils l’ont déjà fait par le passé dans notre capitale. Tant sur la scène qu’en fosse, l’on peut ressentir la joie d’être présent, le partage, la communion indubitable qui se fait entre les deux côtés ainsi que sur scène au sein même du groupe. Mercedes, Phoenix et Brandon ne cesse même d’échanger, et de provoquer des moments de proximité et de complicité entre membres.

Mercedes, au chant et à la guitare, ne cesse de courir dans tous les sens, et son sourire ravageur, allié à la puissance de sa voix, lui confèrent une présence incroyable sur cette petite scène. La formation maîtrise vraiment son jeu, et nous offrent un live carré, et brillant.
Tough Love viendra clore le set, et il nous faudra du courage pour surmonter l’arrêt brutal de notre amour naissant pour eux ce soir.

WSTR

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© Aurélie Renault pour Above The Noise

WSTR arrivent ensuite en grande pompes avec leur merveilleuse Featherweight. Dès le début, tous se donne à fond, si bien que nous en venons déjà à nous dire qu’après ça, « une autre fête serait notre mort ». Heureusement, nous n’en sommes pas encore aux jambes cassées et écrans brisés… Mais ce n’est pas bien loin !
Le fait d’enchaîner immédiatement sur Footprints ne nous laissent pas envisager de finir la soirée entiers. Avec eux, pas de demie mesure : leurs musiques énergiques ne nous laissent pas le temps de souffler, si bien que la fosse enchaîne pogo sur pogo.
Il devient difficile de se frayer un chemin au milieu des bousculades, et des sauts.
Les circuits aériens sont aussi occupés par du crowdfurfing incessant. L’ambiance est à son comble lorsque la formation annonce Nail the Basket (Thanks for Nothing).

Les garçons savent ce qui marche, et en jouent : « Montrez moi ce que vous appelez un circle pit, en France ! » provoquent-ils. Et ça marche ! Les garçons mettent le feu, et nous voudrions que cet instant d’euphorie ne s’arrête pas. Pourtant, il est déjà l’heure d’accueillir la tête d’affiche, et donc de les quitter sur l’entêtante Lonely Smiles.
Si le set fut court, il n’en fut pas moins d’une intensité folle, et nous a collé une belle claque, dans les règles de l’art.

AS IT IS

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© Aurélie Renault pour Above The Noise

Les tant attendus As It Is font désormais leur entrée sur Hey Rachel , dont la réaction
hystérique du public prédira au groupe un set haletant, et une ferveur sans pareille.
En effet, les morceaux s’enchaînent, et l’ambiance ne retombe à aucun moment.
Il faut dire qu’ils font tout pour entretenir cette flamme, et vont même jusqu’à demander un circle pit, tout en prenant soin de leurs fans en expliquant les règles de sécurité :
« Il faut bien qu’il soit circulaire, et non carré, cela évite de se blesser », annonce Patty, soucieux du bien être, mais aussi de l’amusement de la salle.
Il faut dire que la moyenne d’âge du public est plutôt jeune, et que cela
engendre une certaine responsabilité du groupe quant à ce qu’ils leur demandent.

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© Aurélie Renault pour Above The Noise

La salle surchauffe, et rien ne semble pouvoir l’arrêter. Les corps se bousculent, s’entassent vers le devant de la petite scène, si bien que l’on peine à garder les deux pieds au sol, et c’est sans parler des slameurs qui survolent les têtes. Cependant, cette audience qui bouillonne a parfois besoin de pauses pour reprendre son souffle, et le frontman l’a bien compris. Habilement, celui ci interrompt son flux continu de morceaux pour prendre le temps d’adresser un petit mot à son audience, dont l’excitation peine à redescendre.

Leur joie d’être présents est palpable, et les garçons n’oublient pas de clamer leur amour pour notre ville, si bien que nous leur passeront leur petit oubli, lorsqu’ils confondront leur dernier passage à Lyon, en compagnie de State Champs, avec leur date à Paris. Ils s’en s’excuseront avec le sourire.

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© Aurélie Renault pour Above The Noise

La pause s’enchaîne avec la prise de guitare sèche par le chanteur sur Still Remembering, nous offrant un break de délicatesse et douceur dans ce concert qui va à toute vitesse. Ce moment touche au sublime, tant le temps semble s’arrêter sur l’instant, souligné par les voix de la salle, reprenant les paroles à l’unisson.

Leur set se termine sur la chanson titre de leur dernier album Okay, suivie par leur
très populaire, et extrêmement attendue Dial Tones. Elle provoquera un ras de marée imprévu de fans sur scène, afin de clore la soirée sur une note conviviale, et surtout parfaire la volonté de partage et d’union qui semble avoir parcouru toute cette nuit.
Nous regretterons peut être l’absence de Silence (Pretending’s So Comfortable), issue de leur précédent album Never Happy, Ever After, bien que les deux albums ait été habilement mélangés tout au long de la setlist. Si l’expression « It is as it is » est souvent péjorative ou fataliste, ce n’est certainement pas le cas de cette soirée, qui aura été placée sous le signe de la joie, du partage, et d’une positivité énorme.

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© Aurélie Renault pour Above The Noise

Ce soir, il y en avait pour tous les goûts. Chaque groupe était complémentaire aux autres,
ce qui conférait à cette date une harmonie portant cette soirée vers le haut, en
présentant une palette de sentiments, de couleurs, de genres, et de vitalités différentes.
Au final, à quatre groupes, l’humanité a été dépeinte par de diverses notes, et lorsqu’on se trouve face à des morceaux qui font du bien, qui nous purgent comme ça, il est évident que la journée est forcément réussie pour nous, mais aussi pour les artistes.
On comprend bien que la fatalité n’existe plus face à la musique.


Setlist :
Hey Rachel
Patchwork Love
Pretty Little Distance
Concrete
Cheap Shots & Setbacks
No Way Out
Soap
Speak Soft
Sorry
Winter’s Weather
Curtains Close
Until I Return
Austen
Can’t Save Myself
Still Remembering
Okay
Dial Tones

As Is It et Grayscale ont rejoint récemment le line-up du très attendu Slam Dunk aux côtés de leurs potes States Champs. Alors, n’hésitez pas à faire le déplacement pour revivre le mix explosif qui fait du bien aux oreilles et à l’âme ainsi qu’à vous replonger dans notre interview « OKAY NOT OKAY« .

Photos & texte : Aurélie Renault

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