Le confinement vous empêche de sortir et de profiter des beaux jours mais vous pouvez compter sur 5 Seconds Of Summer pour vous aérer l’esprit avec son tout dernier album, CALM. Attendu au tournant avec leur précédent opus, Youngblood, le groupe avait réussi à nous faire danser avec un son frais et moderne, radicalement différent,loin de l’étiquette Rock. Luke, Calum, Michael et Ashton tentent de relever de nouveau le pari tout en enclenchant la vitesse supérieure. C’est en tout cas ce qu’annonçaient les premiers extraits : Teeth et Easier; deux titres au potentiel tubesque. Leurs versions revisitées soulignaient la capacité d’adaptation des garçons et annonçaient l’arrivée d’un nouvel allié de force : la rythmique. Depuis No Shame, Old Me et Wildflower sont venues fleurir nos attentes mais ont également fait naître ambiguïté et impatience. C’est parti pour une écoute attentive de CALM. A vos écouteurs !

5 Seconds of Summer © Andy DeLuca 2020

CALM : Songe de 5 secondes d’été

Tout au long de l’album on se sent transporté en plein rêve. Red Desert commence à dessiner le mirage alors que No Shame nous fait tomber au fond du trou du lapin blanc d’Alice. Le rythme du tout premier titre nous embarque dans une course palpitante; le pads imitant un rythme cardiaque en plein effort. La voix de Luke résonne en échos donnant un sentiment d’urgence. Une intro efficace qui nous emmène jusqu’à No Shame et son monde coloré, pompeux, déjanté et cartoonesque. 5 Seconds Of Summer signent ici une belle satire de la société actuelle sans perdre de temps. Nous ne sommes qu’à la deuxième chanson et voilà qu’ils mettent déjà les pieds dans le plat. Pour contrebalancer la négativité, 5 Seconds Of Summer misent sur une mélodie dansante. Après tout, tout ne passerait-il pas mieux en chanson ?

Si les riffs de guitare deviennent de plus en plus discrets, la montée en puissance de la rythmique est un véritable régal. La basse d’ordinaire si discrète dans les compositions modernes et écrasée par le son des guitares, prend ici ses aises avec des lignes efficaces. Elle se veut tantôt frénétique comme sur Teeth, tantôt très lente et jazzy sur des titres comme Easier. Couplée à la batterie tout en puissance d’Ashton et à ses drôles d’instruments modernes, ils créent ensemble un rythme soutenu montant crescendo, une véritable transe du corps et de l’esprit. Avec Teeth, la frontière entre réalité et fiction devient de plus en plus trouble notamment grâce au clip, joli clin d’œil à Matrix. Sommeil inquiétant ou réveil sur une réalité dérangeante ? Machines futuristes, pilules, 5SOS se plongent volontairement dans leur subconscient/ matrice. Beau doublé geek pour ce morceau qui s’habille aussi d’une ligne de basse qui semble tout droit sortie de l’Upside Down (ndlr Le Monde A L’Envers, Stranger Things).

Vous pensiez avoir compris la direction de CALM ?Wildflower vient brouiller les pistes. Étonnante, la chanson commence avec ses harmonies vocales très années 60 avant de partir pour les années 90. Autre bonne surprise du morceau : les retrouvailles de Calum au micro. Le bassiste toujours de plus en plus dévoué à son instrument a laissé le micro à Luke sur une grande majorité de l’album. C’est d’ailleurs juste après sur Best Years qu’il commencera véritablement à nous hérisser le poil avec sa voix puissante et berçante. Il continue d’aller décrocher les high notes avec facilité. La résonance de la salle sur la version acoustique partagée en ligne intensifie l’émotion et on se met à imaginer la magie de ce morceau en live. Le travail sur les harmonies et l’écho de la voix de Luke nous englobent dans une bulle irréelle qui semble nous éloigner des autres bruits ambiants. Douce, berçante, la chanson qui se veut rassurante, annonciatrice de lendemains meilleurs, est comme enroulée dans du coton. La démonstration vocale tout en simplicité continuera sur l’émouvante Lover Of Mine ainsi que sur Lonely Heart.

Lonely Heart offre une douce complainte accompagnée de la simplicité d’une guitare acoustique. Les chœurs ont une nouvelle utilité : ils résonnent ici en écho répondant à l’appel de détresse de Luke et renforcent la sensation de solitude étourdissante, envahissante, grandissante. Bien que touchante, ce nouvel élan créé par les voix et le beat donne à la chanson un regain d’énergie tout en étant mesuré. Le morceau n’explose pas totalement, à aucun moment. La vivacité reste contrôlée et n’étouffe pas l’émotion, elle ne la sert que davantage.

Revenons un moment sur Lover Of Mine. Comme la chanson de fermeture d’album High, Lover of Mine nous délivre une intro très rétro. Avec cet album hors de question d’abandonner les paroles au détriment de la rythmique. 5 Seconds Of Summer ont toujours mis un point d’honneur à écrire leurs propres paroles usant de poésie, cela ne risque pas de changer. Le piano accompagne main dans la main cette histoire d’amour pleine de promesse.

Si dans la première partie de l’album, il était question de succès, de désir, de passion, de laisser parler son cœur à l’instar de Old Me, la deuxième partie de l’album laisse davantage place à la solitude, à la peur, au doute… Le groupe qui essaie tant bien que mal de voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide, semble tout de même faire face à une certaine lucidité sur la fin. La raison s’exprime davantage, appelle à l’aide mais essaie toujours au fond de rassurer le cœur, comme sur le dernier titre High.

Notre dernier coup de cœur vient boucler l’album. Il s’agit de High, une ballade berçant nos oreilles et les craintes de Luke. Comme diffusée sur un vieux tourne disque ou un sonophone, les doux espoirs de High répétés à voix haute comme pour se convaincre, se terminent subitement et Luke semble sortir de son sommeil.

Avec ce nouvel album, Calum, Ashton, Luke et Michael ont réussi à développer leur son en s’axant davantage sur la rythmique, les harmonies et le don vocal de Luke. Une œuvre mature dans le fond comme sur la forme. En dehors des normes « Rock’n’roll », à l’image de The 1975, Yungblud ou plus récemment Bring Me The Horizon, les garçons intégrèrent habillement sons Pop, Electro voir même R’n’B. Le travail postprod de CALM offre aussi un joli mélange des époques : effet sonophone, harmonies à la Queen, pads… Chacun incarne pleinement son rôle et un organe vital de l’œuvre. CALM, c’est eux.

5 Seconds of Summer © Andy DeLuca 2020

1. Red Desert ❤
2. No Shame
3. Old Me
4. Easier ❤
5. Teeth ❤
6. Wildflower
7. Best Years
8. Not In The Same Way
9. Lover Of Mine ❤
10. Thin White Lies
11. Lonely Heart
12. High ❤

5 Seconds Of Summer, ce sont surtout 4 showmen et pour vivre pleinement cet album, il faudra vous rendre au Zénith de Paris le 16 juin prochain. Alors d’ici là, stay CALM et profitez bien au chaud de ce petit bijou.

Notre ancienne interview de Luke, Calum, Michael et Ashton est toujours disponible sur notre site juste ICI.

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