Fraîchement désignés « Artistes de la décennie » par Loudwire, Greta Van Fleet continuent de gravir les échelons à la vitesse grand V mais que valent-ils réellement en live ? Après avoir suivi Josh, Jake, Sam et Danny sur quelques dates californiennes, nous voilà de retour en Europe sur la route entre Liverpool, Paris, Anvers et Barcelone.

Contrairement à la folie des US où les fans campent dès la veille au soir devant des salles sold out avoisinant des capacités de 8 500 personnes, en Europe, on y va plus en douceur. La tournée anglaise s’annonce déjà plus intimiste avec des salles quatre fois plus petites; un privilège qu’on envie aux britanniques. On se décide donc bien vite à sauter dans avion direction Liverpool, le berceau des Beatles. Les premiers arrivés arrivent tranquillement en matinée et au cours de l’après-midi. Même si on aurait bien envie de rédiger un « Faire la file pour les nuls » à distribuer aux habitués des coupe-files aux 4 coins de l’Europe, en générale la bonne ambiance est toujours de la partie. Un concert de Greta Van Fleet devient alors l’occasion de se retrouver entre amateurs de « bon vieux Rock’n’roll ». Hommes, femmes, ados et adultes, tous se rassemblent autour de ces 4 jeunes musiciens originaires du Michigan âgés à peine de 20 à 23 ans, formant une belle petite famille de passionnés.
Les fans les plus assidus se sont donnés rendez-vous dès les aurores à Barcelone, où on retrouve fans Polonais, Portugais mais également Brésiliens qui ont fait le déplacement pour cette dernière date très enflammée.

Et la France dans tout ça ? C’est avec étonnement que l’on a croisé de nombreux fans français durant tout le tour. Comme quoi, le Rock, nous aussi on aime ça et ce n’est pas kilomètres quelques kilomètres qui nous font peur !

Yola, la nouvelle reine de la Country Soul

Son nom ne vous dit peut-être pas grand-chose mais cette chanteuse a déjà tout de la grande Diva comme nous le prouvent ses 4 nominations récentes aux Grammys. Yola arrive sur scène avec grâce pour nous interpréter Faraway Look issue de son dernier opus Walk Through Fire. La mélodie souvent planante se voit percée par une voix chaude toute en puissance nous emmenant vers les routes du Sud des Etats-Unis comme avec le titre Love All Night (Work All Day). On oublierait presque les origines anglaises de cette enchanteresse d’un autre temps. Le Groove s’invite sur la piste pour nous faire danser à l’occasion. Yola apprivoise ainsi Never Go Back de Birds of Chicago dans une version explosive donnant au titre une toute nouvelle allure.

Entre douceur Soul berçante et puissance nous poussant sur le dancefloor, Yola possède dans la voix quelque chose de Diana Ross et Aretha Franklin. Elle rendra par ailleurs hommage à cette dernière avec la très belle reprise Spanish Harlem. Entourée par ses musiciens, elle rayonne sur scène et partage avec beaucoup de tendresse quelques histoires personnelles. Talentueuse et avenante, Yola est l’introduction parfaite au groupe qu’est Greta Van Fleet.

Par ailleurs, elle était il y a quelques jours sur le plateau de Jimmy Kimmel pour interpréter son titre Goodbye Yellow Brick Road. On vous propose de découvrir la prestation dès maintenant.

  • Anthem Of The Peaceful Army

Il est dans les environs de 21h15 quand retentissent les premières notes de My Whole World Ended de David Ruffin (The Temptations). Comme à son habitude, Josh Kiszka arrive sur scène avec 12 roses blanches en main qu’il s’empresse de lancer au public, sourire béat aux lèvres. Son frère, Jake, habituellement plus discret, l’aide timidement à la distribution sur la date d’Anvers. Ce rituel poétique instauré depuis un petit moment nous rappelant le Rage, the Flower thrower de Bansky est un joli message d’amour et de paix destinée à ceux qu’ils appellent la Peaceful Army, autrement dit: l’armée de la Paix, leurs fans. On est loin de l’image sauvage du Rock’n’Roll. Si quasiment tous ses membres jouent pieds nus et arborent un style très peace and love, ils n’ont pas du hippie que le look mais aussi l’état d’esprit et la culture. Greta Van Fleet, bien loin d’être un produit marketing, est un groupe sincère, fier de son identité.

En quelques secondes à peine, on remarque l’énergie débordante et la bienveillance qui émane de ce petit bonhomme en combinaison moulante et scintillante. Le premier cri retenti. L’adrénaline monte. La soirée peut commencer…

  • Age Of Man : un groupe fait pour le live. Rock’n’Roll is not dead.

Jake Kiszka se voit rejoindre le top 20 des meilleurs guitaristes actuels au monde aux côtés de Brian May, Jack White ou encore Jimmy Page selon le webzine Alphabeatic Guitar. Quand on voit ses performances chaque soir sur scène, on ne peut que valider ce choix. Le jeune prodige qui a appris de ses idoles Jimi Hendrix et Eric Clapton multiplie les solos de guitare pour certains atteignant les 10 minutes. Se balançant d’avant en arrière, il nous hypnotise totalement et on perd un peu la notion du temps. En live chaque chanson se voit durée deux à trois fois plus longtemps. Leur album, The Anthem of the Peaceful Army, est une véritable vitrine de ce qu’est le son Greta Van Fleet dans son état le plus brut. Sur scène, le groupe taille ce diamant brut à coup d’impros, de nouveaux riffs, de lignes de basses plus complexes ainsi que d’une rythmique qui mouille un peu plus le maillot.

Black Flag Exposition (cover de Lay Down (Candles In The Rain) de Melanie qui ne garde que quelques paroles de sa version originale) possède sans aucun doute l’intro et le solo de guitare les plus hypnotiques. Faire ses propres chansons est une chose, réussir à réinventer complètement une musique en conservant son esprit, en est une autre. Greta Van Fleet relèvent les deux challenges avec brio. Toujours côté guitare, Jake s’amuse à faire passer sa guitare à l’arrière de sa tête. Quand celle-ci n’est pas jouée, alors il s’y colle sur Edge Of Darkness.

La rythmique participe aussi à l’ambiance Rock’n’roll de la soirée. Sam Kiszka et Danny Wagner ont leurs moments de gloire. Sur Safari Song Danny nous offre un solo de batterie en perpétuelle évolution. Le plus explosif sera sans doute celui de Barcelone.

Sam se laisse complètement possédé par sa basse sur des morceaux comme When The Curtain Falls, The Cold Wind ou encore Lover, Leaver (Taker, Believer). Cette dernière est selon nous la chanson de Greta Van Fleet la plus électrisante en live. Non seulement ce morceau possède une énergie folle mais le plus surprenant reste encore la prouesse technique : la prestation peut durer jusqu’à 25 minutes en live avec un joli solo de basse en prime.
Cette même passion, Sam la vie aussi derrière son clavier sur les titres Age Of Man ou Flower Power. Au cœur de la chanson clavier, batterie et guitare se rejoignent énergiquement dans un jam aux allures de Won’t Get Fooled Again (The Who).

Quant à Josh, il semble tout bonnement infatigable. Où trouve-t-il toute cette énergie ? La maîtrise vocale impressionnante du chanteur ne faiblira pas un instant durant les 1H45 de show. On aurait presque du mal à s’imaginer que quelques jours avant encore, il ne pouvait plus sortir une seule note pour cause de maladie. Le voilà bel et bien rétabli. S’il a des allures de Rockstar, Josh reste pourtant terre à terre et accorde une attention particulière à chacun : sourires, petits signes de main, envois de baisers… Il réagit vivment aux cris et pas de danse de chacun, rien ne semble échapper à son radar.

Visiblement Jake et Sam font subir un drôle de traitement à leur instrument tous les soirs car chaque représentation est accompagnée de ses problèmes techniques. Sam doit laisser tomber son iconique Fender Precision verte en cours de set à Liverpool pour se tourner vers sa numéro 2 (une Fender Jazz). Celui qui saura le plus poursuivi de malchance, c’est Jake. Heureusement le guitariste peut compter sur les autres membres très réactifs et doués en impro ainsi que sur ses autres 2 Gibson SG.

  • A Change Is Gonna Come : Setlist évolutive et réinvention perpétuelle

Un concert de Greta Van Fleet, c’est un renouveau permanent; impossible de s’ennuyer pour les fans. Le choix des chansons, l’ordre, les covers, les aménagements sonores, les solos, tout est en perpétuel évolution. Les garçons s’essaient à de nouvelles choses; chacun écoute son instinct de musicien. L’impro a une place importante dans leur jeu de scène et c’est grâce à l’écoute et l’alchimie entre les membres que tout roule comme sur des roulettes. Tous là pour briller mais non pour tirer la couverture : chaque instrument met les autres en valeurs intelligemment. Encore une fois le show est traité à l’ancienne et on retrouve l’audace et le talent des groupes de Classic Rock.
Sur des titres comme When The Curtain Falls par exemple alors que le solo de guitare pourrait accaparer toute notre attention, la ligne de basse qui l’accompagne est tout aussi saisissante quand on veut bien y prêter l’oreille.

Les fans les plus attentifs auront aussi remarqués de nouveaux riffs à l’occasion, comme à Barcelone lors de la prestation de la fameuse cover de Black Flag Exposition. S’agit-il de l’air d’une nouvelle chanson ? D’un simple jam instinctif ? D’un tribut à une chanson ? Cette dernière représentation nous laisse sur une dernière note pleine de suspense.

Certaines chansons s’invitent aussi le temps de quelques dates comme Anthem à Paris et Anvers. Lover, Leaver quant à elle qui aura fait la moitié de la tournée.

  • The Music Is You : Des covers à la carte

Après avoir vécu en live San Francisco de Scott MacKenzie dans la ville du même nom et White Room de Cream à L.A, on s’attendait déjà à une reprise des Beatles à Liverpool. Les garçons ne nous auront pas déçu en reprenant Don’t Let Me Down issue du 45 tour Hey Jude. On aurait pu imaginer avec facilité un Ob-la-di, ob-la-da ou un Penny Lane mais Greta Van Fleet ont fait un choix plus personnel. Chez Above The Noise, on les imaginerait très bien reprendre les textes poétiques de George Harrison et on ose espérer un jour entendre des titres comme While My Guitar Genty Weeps par exemple.

A Barcelone la surprise est totale avec une reprise de The Weight (de The Band) en compagnie de Yola. Pour l’occasion, Jake qui chante déjà aux côtés de son frère sur Safari Song and You’re The One, reprend le micro. Cette fois, il se fait entendre davantage (enfin!) à la grande joie des fans. La voix chaude de Yola mêlée aux notes hautes chantantes de Josh et unies par la voix plus suave de Jake nous livrent des harmonies des plus berçantes. Un pur moment de Country Soul en dehors du temps.

Les emblématiques Music Is You de John Denver et Watch Me de Labi Siffre sont toujours au programme. L’ordre des chansons quant à lui change sans cesse, nous laissant un petit suspense agréable où les intros deviennent de véritables blind test de culture musicale.

Edge of Darkness: ambiance électrisante et salvatrice

Avec les Ténèbres vient toujours avec la lumière. Positifs, joyeux, bienveillants, aussi bien par leurs attitudes que par leur paroles poétiques liées à la nature et à la promesse de l’aube, Greta Van Fleet nous mettent du baume aux cœurs et aux oreilles.

Tenues de scène élégantes, strass, nuages de fumé dans les bleus et violets pour une atmosphère onirique jouant tout en nuance avec les ombres fantomatiques des garçons, effet sonores… L’ambiance Rock’n’roll est presque planante, voire spirituelle; en dehors du temps, en dehors de la réalité. Comme pour ajouter une touche supplémentaire de magie, viennent sur les shows de Milan et Barcelone embellir l’intro d’Age Of Man l’ajout de cloches tubulaires. A l’aide du manche de sa guitare, Jake secoue les carillons recréant un bruit de pluie. Josh précise sur scène que cette chanson c’est leur histoire, ou plutôt celle qu’il partage avec le public, le symbole d’un lien qui les uni.

  • When The Curtain Falls: un dernier concert européen des plus caliente à Barcelone

La majorité de la tournée européenne se sera déroulée dans un calme presque déconcertant. Comme on apprécierait une pièce de théâtre, le public contemple la scène dans le plus grand calme, chacun semblant être dans sa bulle. On aurait presque perdu l’habitude d’un concert sans pogo, crowdsurf, cri et mouvement de foule. On aurait pu s’attendre à un accueil plus chaleureux en Europe à l’instar du public américain. Pourtant la passion est au rendez-vous mais d’une manière très différente ici; le public scanne chaque élément, photographie le moment dans sa mémoire, apprécie paisiblement un bon moment de musique qui prend aux tripes et berce l’âme. Un pays compte tout de même bien faire la fête pour un tombé de rideau mémorable lors de la dernière date du tour : l’Espagne. Ah l’accueil chaleureux des pays méditerranéen !

En attendant la sortie de second album l’année prochaine et sans doute d’un DVD live, on partage avec vous quelques photos souvenirs.

Setlist (Paris) :

The Cold Wind
Safari Song
Play Video
Black Smoke Rising
Flower Power
Anthem
Age of Man
The Music Is You (John Denver cover)
You’re the One
Black Flag Exposition (Melanie cover)
Watching Over
When the Curtain Falls

Rappel:
Lover, Leaver/ Highway Tune / Taker, Believer

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