ENG VERSION

Cela fait un petit moment que nous attendions le passage de Counterfeit dans la capitale et ils étaient enfin de passage en novembre dernier nous présenter leur prochain opus. C’est l’occasion de découvrir sur scène les nouveaux titres encore non dévoilés et de rencontrer Roland Johnson, bassiste du groupe afin de partir à la pêche aux infos.

Cette interview de fin 2019 a été mise à jour afin de vous faire découvrir les nouveaux clips sortis en 2020.


Bonjour Roland, bienvenue à Paris! Ça doit vous faire bizarre de venir enfin en France avec les garçons. Comment-te sens -tu à l’approche du show ? Pas trop stressé ?
Ça va, je me sens bien. On va jouer quelques nouvelles chansons ce soir. Je fais ce métier afin de pouvoir écrire, exorciser mes démons et jouer sur scène. C’est un peu ce qui vient boucler la boucle. En août, c’était la première fois qu’on revenait en Europe après un long moment. On a pas mal enregistré et on a fini en avril, du moins pour la partie enregistrement. Donc, pouvoir repartir sur la route, c’est vraiment cool. On a passé environ 5 jours en studio et puis c’était bouclé. On enchaîne pas loin de 15 concerts durant cette tournée et jusque-là tout se passe vraiment bien. Les gens qui viennent nous voir jouer nous communiquent une merveilleuse énergie et puis ils découvrent les nouveaux titres… Je ne peux vraiment pas demander mieux. Ça ne pourrait pas mieux se passer. Par contre, je suis assez triste que ça se termine ce soir. Après le concert, on repart très vite. On a presque 2 semaines de pause puis on repart sur les routes anglaises pour de nouvelles dates. Sincèrement, je voudrais pouvoir toujours être sur la route et ne jamais m’arrêter !


C’est assez surprenant et surtout courageux de partir en tournée avec un album dont on ne connait pour le moment qu’une chanson (ndlr It Gets Better). Visiblement tu es ravie de l’accueille des fans. Tu dois être soulagé…

C’est merveilleux à quel point tout le monde a été génial. Tu sais c’est assez drôle, tu passe tellement de temps à travailler sur des morceaux, isolé, essayant de faire quelque chose de stimulant, de dépasser tes propres frontières en faisant des choses que tu n’as encore jamais faites, et d’un coup tu révèles tes nouvelles chansons au monde et l’accueil est juste génial. On écrit généralement nos chansons en se demandant « Jusqu’où pourrions-nous aller ? ». J’adore ça mais c’est assez flippant. C’est important de repousser ses limites et de se faire des petites frayeurs car c’est comme ça qu’on évolue en tant que musicien mais aussi qu’on devient plus créatif. J’ai toujours aimé ça. On a une nouvelle chanson qui s’appelle The New Insane et la première fois qu’on l’a joué et qu’on a vu le visage des gens, tu voyais qu’ils se demandaient littéralement « C’est quoi ce bordel ? ». C’est tellement bizarre et excitant. Donc tous les soirs on la joue et on voit se « wow » d’expression sur les visages pendant les 20 premières secondes. Après, ça change complètement. Jusqu’à la fin la foule explose complètement. C’est génial. On a réalisé It Gets Better en juin et on s’attendait complètement à ce genre de réaction. Quelqu’un m’a demandé plus tôt, quelle était ma chanson préférée de l’album et j’ai répondu It Gets Better pour cette raison. J’aime beaucoup l’énergie qui s’en dégage et son message; elle est spéciale pour moi. Elle représente juste un bon moment de ma vie. Je me suis tellement imaginée ce qu’elle rendrait sur scène et elle a clairement dépassé toutes mes attentes. La façon dont le public crie les paroles, c’est une fête déjantée, de la pure folie. Je me dis que je peux vraiment être heureux si cette chanson permet à certaines personnes de traverser de mauvaises passes. Je me souviens comment la musique a pu m’aider plus jeune. C’est pour ça que je fais ce boulot aujourd’hui…

C’est une approche plutôt intéressante de la musique. Vous ne craignez donc pas les challenges et trouvez ça plus stimulant qu’inquiétant ?

Oui, clairement on adore ça. On a toujours été très lucides et on sait très bien qu’on ne peut pas plaire à tout le monde et ça ne nous intéresse pas. Le plus important pour nous c’est de faire passer un message fort et de créer un environnement où tout le monde se sent en sécurité et libre d’être qui il veut. Tout le monde est le bienvenu à nos concerts et toutes les voix comptent. Regarde, on a quand même un album qui s’appelle Together We Are Stronger (ndlr « ensemble nous sommes plus fort »), ce n’est pas pour rien (rires). Les gens connaissent déjà nos anciens titres et ils sont très réceptifs à nos nouvelles chansons. On a vraiment un bon retour. Ça ne pourrait pas mieux se passer. C’est toujours un moment fort quand tu joues des chansons pour la première fois et que tu sais très bien que les gens vont se dire qu’ils ne sont pas habitués. En même temps, je pense que si tu t’en tiens à ne faire que ce que tu sais faire, tu es coincé dans une boucle à faire toujours la même chose. Ça fait du bien de pouvoir sortir de studio et de mettre un sourire ces visages avec nos chansons. J’ai l’impression qu’on a relevé le challenge et qu’on a fait du bon boulot.

L’atmosphère de vos chansons à l’air d’avoir pas mal changer mais en somme le message reste le même. Tu es d’accord avec ça ?

C’est vrai que notre musique sonne différemment maintenant mais le message restera toujours le même car il représente simplement qui nous sommes. Ce message me définit, ça définit ce pour quoi nous nous battons mais aussi ce à quoi l’on croit. C’est juste notre façon d’agir. Il représente qui nous sommes en tant que personne. La musique elle, elle change tout le temps. Ton horizon musicale, tes influences… Ça évolue. Ça change. J’ai l’impression que l’on s’inspire par tout ce qui nous entoure et qui ne se passe pas très bien dans nos relations personnelles, la politique actuelle… Tout le monde semble effrayé, au bord du gouffre sans comprendre bien ce qu’il se passe. On a organisé des sessions d’écriture et on a commencé à écrire ensemble. Le premier album s’est fait de façon rapide et durement alors il était un peu rapide et dur. Avec ces chansons, on s’est dit que ça sonnait bien mais que ça restait un peu toujours dans la même veine. Il n’y avait rien de mal à ça mais on s’est dit « voyons jusqu’où on pourrait pousser notre créativité. Voyons ce qu’on peut faire d’autre. » Il s’agit surtout de sortir de sa zone de confort. D’essayer de faire des choses que l’on a jamais faites. C’est comme ça qu’on apprend. J’aime échouer. A chaque étape, tu apprends plus. On a écrit tellement de chansons horribles, puis tu apprends la technique. On ne planifie donc pas vraiment l’écriture de nos titres ou comment cela va sonner. On se dit simplement « Soyons fous ! Soyons bizarre ! Qu’est-ce qu’on pourrait faire pour être mémorable ? Choquons les gens ! Choquons nous !« . C’est en gros ce qui nous donne la direction. J’ai toujours été fan des gens qui voyaient la musique en dehors des cases. Tu peux suivre une structure, une mélodie… mais tout ça a été déjà tellement fait. Je ne veux pas faire pareil. Je veux qu’on soit notre propre « truc ». Dans ce nouvel album il est vraiment tous les sons: Hip Hop, ballades, sons plus lourds… On a cassé la baraque. C’est complètement nouveau. J’ai le sentiment que nos pieds sont plantés dans le sol et que nos racines s’y enfoncent de plus en plus loin. On a aussi pu travailler nos chansons en studio avec des échantillons et des pads, ce qu’on avait encore jamais fait. On été habitué à composer simplement à la guitare. « Oh j’aime bien ce riff. Ce rythme est pas mal…« . La production du nouvel album est réellement différente. J’ai toujours été fasciné par les groupes qui s’éclataient en prod. Concernant ce nouvel album… si je suis anxieux ? Je ne suis pas vraiment sûr. Oui je crains un peu de savoir comment cela rendre mais c’est une bonne chose. Si j’étais assis là à me dire « ouai c’est super; je sais comment ça sonne et ce que ça va donner. On a déjà fait ça avant. » Je ne pourrais pas faire ça tout le temps. Ça serait ennuyeux.

Cette année vous allez sortir ses nouvelles chansons à travers un EP et un album. Pourquoi avoir choisi deux formats différents ?

Je pense que le plus intéressant c’est que ça nous donne la chance de réaliser pas mal de nouvelles chansons, de sortir de studio et de montrer aux gens ce sur quoi on a travaillé. La façon dont la musique est consommée de nos jours est intéressante. En vrai, ça dépend un peu de ce que t’autorises ta maison de disque mais j’aime pouvoir sortir un single puis un autre, et encore un autre, suivi d’un Ep, de vidéos… C’est comme ça que tu testes ta musique. C’est excitant et en même temps ça permet de sortir des choses à côté, en extra, tout en continuant à tourner. On a bien dû avoir 45 idées de chansons pour finalement n’en garder que 15. On continue toujours à mixer les chansons, à chercher comment on pourrait les faire sonner. L’EP nous a permis de nous stopper un instant et de nous laisser pousser par les autres projets de chansons qu’on était en train d’écrire. Cet album n’est pas encore sorti qu’on pense déjà au prochain. Ce que ça pourrait donner. Comment on pourrait continuer à faire progresser notre son …

Doit-on alors s’attendre à un contenu complètement différent entre l’EP et l’album ?
Je pense que ça va dépendre de comment ça va rendre et de comment on se sentira à ce moment-là. Je sais qu’il pas mal de chansons qu’on adore. Je pense vraiment que ça risque d’être un EP puis un album qui marcheront tous les 2 comme un ensemble; puis peut-être ajouter un nouveau single à la sortie de l’album. Tout devrait fonctionner comme un ensemble. Tout ce matériel est un vrai challenge pour nous tous que ce soit en tant que compositeurs ou en tant que musiciens. Le but c’est essentiellement de sortir de notre zone de confort et de nous réjouir du boulot qu’on a fait.

Et question influences musicales, sur cet album, qu’est-ce qui vous a guidé ?

Oh mon Dieu, il y en a tellement…. Je bug un peu quand on me demande ça. Chaque membre écoute une musique assez différente et il y a tellement d’influences sur cet album. On aime tous collectivement des groupe comme Biffy Clyro et ce type d’influences Rock. Un autre artiste qui a toujours été une influence pour moi, c’est Kanye West. Par exemple, son album Yeezus, est très spécial pour moi. Il est si minimaliste et lourd, si sombre. J’aime à quel point il est simple mais énorme. Tu sais souvent quand on veut que ça envoie du lourd, ça envoie tout sauf du lourd. Il m’a beaucoup influencé sur sa manière de structurer la musique. Il peut utiliser son son pour créer une image mais différente du reste du paysage Hip Hop et tout ces trucs un peu trop commerciaux qui sortent actuellement. Attention, il faut pas se méprendre j’adore aussi Post Malone par exemple. On aime les Red Hot. J’écoute aussi pas mal une artiste qui s’appelle Phoebe Bridgers, qui est très douce et pleine de sensibilité. J’aime beaucoup son album. C’est un véritable rollercoster émotionnel. Il peint un paysage magnifique. On est simplement inspiré je dirais par la vie, la politique, ce que l’on traverse… En tant qu’artistes, c’est notre devoir de parler de tout ça dans le sens où on peut faire passer un message et d’être entendu. Je suis à peu près sûr que si tu parles à chaque membre du groupe, tu auras des réponses totalement différentes sur les influences de cet album.

Plus précisément, au niveau de la basse : qui as le plus inspiré ton propre son ?

Les amplis Fender ! (rires) J’aime Flea (Red Hot Chili Peppers). Il a vraiment des jolis moments de basse. The Maccabees ont aussi des lignes de basse intéressantes. J’aime bien The Who, super bassiste, vraiment. Mais je joue aussi de la guitare. Je joue un peu de tout, en fait. Pour moi, ce qui compte c’est avant tout le rendu de la chanson entant qu’auteur. Après j’adore aussi le son qui s’inspire du Pop Punk et du Rock’n’roll. Quand j’étais plus jeune, j’écoutais pas mal de The Offspring, Blink-182, Green Day… Ce bon Rock un peu énervé.


Pour finir, afin de dévoiler un peu plus l’album aux personnes qui n’ont pas pu venir vous voir jouer ce soir, que pourrais-tu leur dire pour les aider à se faire une idée de ce qui les attend ?

Soyez prêts ! Ça va être une aventure de fou. Je suis très excité par le rendu de cet album. Je sais que nous avons tous progressé en tant que musiciens et auteurs. On a aussi tous beaucoup progressé individuellement. C’est l’album le plus stimulant qu’on ait jamais fait et j’ai hâte de voir l’accueil que vous lui réservez !

Live report toujours en ligne juste ICI.

Un commentaire sur « Interview: Counterfeit @ Paris (FR) »

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s