Reprise des festivals : Måneskin fait monter la température à Ronquières

En quelques semaines à peine, le Ronquières Festival s’est lancé le défi d’organiser un événement musical mémorable réunissant 40 000 personnes en toute sécurité. Nous avons tenté l’expérience en compagnie du groupe italien, Måneskin.

La reprise des festivals : est-ce vraiment comme avant ?

Alors que les festivals reprennent tout doucement à travers l’Europe, les paris se font de plus en plus ambitieux. L’Angleterre avait été bien téméraire avec l’organisation de son Download Festival en juin, et ses 10 000 festivaliers réunis en 3 jours. Sur le continent, c’est la Belgique qui tente de créer l’événement avec le Ronquières Festival.

A l’affiche de cette édition 2021 : Roméo Elvis, Woodkid, Aaron, The Magician, Dionysos, Pomme mais surtout les gagnants de l’Eurovision pour qui nous avons fait le déplacement : Måneskin.Pour entrer sur le site du festival, il faut montrer patte blanche avec un passeport sanitaire valide. Une fois la sécurité passée, les masques tombent, dévoilant des sourires radieux. Voilà deux ans que l’on n’ avait plus ressenti cette sensation du soleil sur notre peau et du frisson du live en simultané. Des groupes d’amis se rejoignent pour savourer une bière tout en écoutant de la musique, dévorent des pizzas dans l’herbe et commencent à envisager leurs prochaines retrouvailles en concert.

Ce n’est pas comme avant, non, c’est encore mieux : aujourd’hui, tout semble plus intense . Les festivaliers sont venus ici pour se sentir de nouveau vivants, se retrouver et se reconnecter à la musique plus que jamais, pour épouser l’espoir d’un retour à la vie d’avant. Le public déchaîné de Måneskin confirme la tendance.

Måneskin en live : une expérience qui vaut le détour ?

Il fait déjà très chaud au plan incliné de Ronquières mais dès l’entrée sur scène des quatre italiens pour les balances, on comprend que la température n’est pas prête de redescendre. En quelques secondes à peine, on perçoit le pouvoir de Måneskin. Sans un mot ou geste particulier, juste en la foulant de quelques pas, Damiano David (chanteur) domine la scène et met instantanément 20 000 personnes à ses pieds. Le charisme du groupe et de leur chanteur est impressionnant. Il ne reste plus qu’à enfiler les tenues de scène pour que la magie opère totalement.

Leur aventure a commencé il y a des années dans les rues de Rome. Quand on est musicien dans de telles conditions, on doit non seulement savoir susciter l’intérêt de tous mais aussi se démarquer et être humble. Måneskin a donc été à bonne école. C’est un sourire plein de fierté qui se dessine sur les lèvres de Victoria De Angelis (bassiste) quand la foule reprend en cœur les paroles d’In Nome Del Padre. Qui a dit que le public ne pourrait pas chanter en italien ? Difficile de suivre le rythme mais comme pour la très rapide Lividi Sui Gomiti, les fans relèvent pourtant le défi avec brio (on sent les heures passées sur Duolingo, bravo à vous). L’énergie sur scène est folle. Ça saute dans tous les sens, se jette au sol et danse, à l’image de Thomas Raggi (guitariste) qui nous contamine de sa bonne humeur. C’est un pur moment de partage avec les fans mais aussi entre les membres. Guitariste et bassiste partagent une très belle alchimie. Ils nous offrent de magnifiques solos comme sur For Your Love. Victoria y est électrisante et Thomas, inépuisable. Même Ethan Torchio (batteur) reçoit souvent la visite de ses acolytes. On regrette un peu de ne pas pouvoir visualiser plus précisément le jeu du batteur mais il livre une performance puissante malgré sa récente entorse du poignet (ndlr le groupe avait dû annuler un concert une semaine plus tôt).

Le crowd surf et le stage diving sont interdits mais Damiano, Victoria, Thomas et Ethan n’apprécient pas vraiment qu’on leur fixent des règles. Lors d’I Wanna Be Your Slave, le chanteur se jette énergiquement dans la foule, rattrapé de justesse. Avec Lividi Sui Gomiti, il invite des fans à le rejoindre sur scène. Dans l’euphorie du moment, soucieux de récompenser le plus grand nombre de fans méritants, c’est une dizaine d’entre eux qu’il invite à les rejoindre. La sécurité essaie de limiter l’accès discrètement mais Damiano n’est pas dupe et insiste poliment auprès du staff. Personne ne sera mis de côté : « Security guard? Security guard? *sifflements* I’m talking to you. 1,2,3... », dit-il en pointant les heureux élus du doigt en s’assurant d’avoir bien été entendu.

On regrette beaucoup l’absence aujourd’hui de La Paura Del Buio et de Vent’anni (surtout pour son solo de guitare qui prend aux tripes) . Ces titres poétiques auraient apporté un peu plus de douceur au set mais était-ce vraiment le mood recherché en festival ? Sans doute pas. Coraline est venue à elle seule nous toucher tendrement en plein cœur. A l’exception de ces deux titres, toutes les autres chansons de Teatro d’Ira sont jouées. Des plus anciennes comme Chosen, morceau avec lequel Måneskin à auditionner à Xfactor en 2017, et la fameuse cover de Beggin sont également de la partie. Justement des reprises, il y en a beaucoup ce sur set : Bury A Friend de Billie Eillish, Kiwi d’Harry Styles, I Wanna Be Your Dog de The Stooges (le groupe l’a repris pour la bande originale italienne de Cruella) ou encore le mashup efficace de Take Me Out/ Somebody Told Me de Franz Ferdinand et The Killers . Pour ce qui est de faire face à la critique, les membres de Måneskin ne manquent jamais d’humour et de bon sens : « On nous reproche pas mal d’imiter Harry Styles alors donnons aux gens de quoi parler. » déclare Damiano avant d’entamer Kiwi, titre phare de la star britannique.

Måneskin est tellement bien sur scène que leur dernier single I Wanna Be Your Slave est joué une deuxième fois en rappel (trois fois, si on compte les balances).

Est-ce la reprise des festivals ou l’énergie débordante de Måneskin qui a  fait de cette expérience un moment unique ? Un peu des deux, sans doute. Ce qui est certain, c’est que ces quatre rockstars possèdent un talent et un charisme rares qui électrise en live. On aurait difficilement pu imaginer meilleurs artistes pour nous faire remonter en selle.

A quand leur retour en France ?

Setlist :

In Nome Del Padre
Zitti E Buoni
Bury A Friend (Billie Eilish cover)
Chosen
Beggin
Coraline
I Wanna Be Your Slave
Take Me Out/ Somebody Told Me (Franz Ferdinand/ The Killers covers)
I Wanna Be Your Dog (The Stooges cover)
For Your Love
Kiwi (Harry Styles cover)
Lividi Sui Gomiti (stage invasion)

I Wanna Be Your Slave (rappel)



Vous vouez une passion pour les groupes de l’Eurovision ? Ça tombe bien, nous aussi. Découvrez notre interview de Blind Channel suite à leur participation au concours de la chanson européenne.

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