On analyse pour vous le nouveau son de Paramore. Que penser d’After Laughter ?

Où sont passés les cheveux flamboyants d’Hayley, la fougue et l’impertinence pop punk culte du groupe des années 2000 et les riffs de guitare énervés ? A-t-on vraiment changé Paramore ?

Hayley passe au blond platine et se grime avec beaucoup d’ironie en Barbie des années 80 so rétro à la pop édulcorée qui cache une certaine nonchalance et un regard désabusé sur notre société. Il est très facile de comprendre cet état d’esprit à la simple lecture de titres comme Fake happy, I Told You So ou encore Hard Times. Un contraste audacieux entre son catchy et paroles graves qui nous permet de retrouver l’esprit rebelle et drôle de Paramore. On ne sait s’il s’agit de faire passer plus doucement la pilule vers un changement d’univers ou d’un simple délire brillant et passager. Ce qui est certain, c’est qu’After Laughter reste malgré sa différence un très bon album et on vous dit pourquoi.

Revendication, ironie et vent de fraîcheur…

L’album se lance sur le chemin du renouveau avec un son très pop US caricatural des années 80 avec Hard Times. Ecoutez au-delà du son, lisez entre les lignes : « Tell my friends I’m coming down. We’ll kick it when I hit the ground » (« Dis à mes amis que je m’effondre. On se détendra, quand je toucherai le sol.« ). La chanson donne la ligne de conduite de l’album. Rose-Colored Boy ressort ces arrangements instrumentaux typiques de la pop de cette période et les cœurs viennent renforcer un côté très girly. Told You So remet une petite couche de dépression joyeuse, « Le meilleur est passé, le pire reste à venir » comme le dit la chanson. La sensualité de la voix d’Hayley est à son avantage dans la ravissante Forgiveness, piste qui lance un tiercé de douceur. Fake Happy et sa nonchalance poussée à l’extrême nous séduit totalement avant de partir dans son refrain « faussement joyeux » où la chanteuse donne de la voix. Soleil couchant, fenêtres de voiture baissées, on s’imagine parfaitement en sa compagnie derrière le volant cet été. La douceur de la guitare acoustique nous berce sur 26. C’est à ce niveau de l’album que l’on renoue avec cette voix qui nous avait tant chambouler dans les années 2000 avec Only Exception. Après un début d’album très catchy, on se plonge dans une atmosphère plus intimiste et tendre faites pour l’acoustique. On retrouve enfin un peu plus nos marques.
Ambiance bord de plage encore pour Pool. Hayley se noie ici avec lucidité dans sa relation amoureuse. On commence à se dire que l’overdose de son pop trop sucrée permet d’éviter la lourdeur des mots de cet album. L’un dans l’autre, le tout se combine assez bien.
Caught In The Middle nous ramène cette fois vers les temps un peu plus pop-rock de Paramore et son refrain nous reste en tête. Idle Worship et son ambiance gaming est un morceau assez redondant et traîne un peu à démarrer même si l’ensemble reste assez sympathique. Avant de conclure sur la douce Tell Me How, le groupe s’accorde une petite interlude musicale avec No Friend. Cette deuxième partie d’album nous permet de renouer un peu plus avec le son Paramore que l’on connaîssait dans ces moments les plus pop. Inutile de chercher le côté punk/ hardcore du groupe si ce n’est dans l’écriture des textes.

Renouveau pop, son rétro, psychédélique, contrasté, osé mais juste, Paramore nous prouve que l’on peut râler le sourire large et qu’il est donc fort aisé de se cacher derrière un masque. La réelle question à se poser ici est : que cachent ces masques ? Cet album testera donc votre attention et votre passion pour la musique : faites-vous parti de cette société aveugle qui ne réagit qu’au bruit qu’elle perçoit ou avez-vous écouté réellement le groupe pour comprendre sa détresse ?

On vous conseille donc de réécouter cet album si ce n’est pas déjà fait, afin de mieux l’apprécier et d’en comprendre les véritables enjeux. On passera ainsi d’un album simpliste mais sympathique à une œuvre intelligente et catchy. La preuve est ici faite que le groove n’empêche pas la profondeur de propos.

Le groupe en concert au Grand Rex le 27 juin prochain. Un choix de salle dont l’agencement ne semble pas avoir convaincu la totalité des fans français mais ils feront tout de même le déplacement car il faut bien se l’avouer, comment rater Paramore ? Et oui Hayley, on t’aime toujours…

 

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