Bye-bye la pop, bonjour le rock british rétro des années 70-80. Un brin de Bowie, une grosse louche de Rolling Stones, cet album va faire taire vos a priori.

Faire du neuf avec du vieux, facilité artistique ou réel hommage ? Il faut dire que si les années 90 nous proposaient du grunge à gogo et les années 2000 une belle vague Pop-Punk, cette décennie semble terriblement manquer d’originalité pour un renouveau rock. Entre le manque d’idées innovantes et un besoin de différenciation de plus en plus fort, nous voyons beaucoup de nos groupes actuels prendre des risques pas toujours payants au risque de perdre leur identité musicale. Et si le retour aux sources du rock’n’roll pouvait sauver les meubles ou du moins nos oreilles ?

Même si Harry Styles minimise les risques avec un album s’inspirant d’une période qui était sans nulle doute celle de l’apogée du rock’n roll, il nous permet de renouer avec un son qui n’a bien que trop souffert ces dernières décennies. Un retour au culte le temps d’un album est une véritable jouissance pour notre âme de rockeur et le potentiel rock de l’ancienne star de la Pop est désormais indéniable.

De la prod à l’artwork, tout cet album est pensé rock. Si la couverture de l’album nous paraît simpliste aux premiers abords, celle-ci n’est pas que belle ( très joli dos au passage Harry), elle nous permet d’en apprendre beaucoup sur l’oeuvre avant même la première écoute. On y voit Harry mis à nu sous nos yeux dans ce qui semble être une sorte de naissance. Plongé dans une eau rose, couleur du rock’n’roll selon The Clash, on comprend ainsi qu’il s’agit en réalité d’une renaissance musicale. Il semble donc y avoir eu pas mal de travail sur cet album. Allons creuser un peu plus en profondeur, pressons le bouton play.

Si à l’entente des premières notes de l’album avec Meet Me In The Hallway nous avons l’impression de nous envoler pour Londres dans les années 70, celui-ci a pourtant été en grande partie enregistré en Jamaïque. Harry a pu se recentrer sur ses désirs musicaux bien loin du tumulte des métropoles européennes et enregistrer dans un bon vieux studio. On s’imaginerait presque à Woodstock. Le voyage initiatique commence. Arrive ensuite son premier single Sign of the Times qui s’essaie sans aucune prétention à pénétrer dans l’univers de Bowie. Si le maître reste inimitable, le challenge est en sommes toute assez bien relevé. Avec Carolina la bonne humeur suit et on repart directement en vanne à fleurs pour les années 70. Two Ghosts et Sweet Creature possède un refrain un peu répétitif mais qui permettent une certaine démonstration vocale et ce qui est certain c’est qu’Harry assure en donnant de la voix. Nous avons hâte d’entendre ça en live. On continue dans l’efficacité par paire car nous voilà lancer dans les 9 minutes les plus rock’n’roll british de l’album avec Only Angel et Kiwi. On retrouve ces riffs/ solos de guitare et ces petits cris intenses en fond très représentatifs des Rolling Stones, le rythme est plus soutenu et la voix plus rock que jamais est accompagnée par des cœurs énergiques. On retombe dans une douceur planante avec Ever Since New York et sa guitare acoustique. On s’imagine parfaitement cette chanson en rappel de concert. Alors que les échos de voix au début de Woman nous font penser au tout début de Maggot Brain de Funkadelic on part directement dans une direction bien différente avec un véritable son de lover rétro. On finit en douceur avec From The Dining Table. La voix basse semble nous murmurer une histoire qui nous parait telle un écho presque à cappella sur fond de guitare acoustique très léger.

Même s’il y avait fort à parier sur la personnalité atypique d’Harry Styles et l’univers qu’il pourrait nous proposer, nous sommes encore plus surpris à la fin de l’écoute de cet album car le résultat est plus que réussi. Ce style semble maintenant une évidence pour lui et le rock’n’roll anglais a visiblement trouver sa nouvelle égérie. Comme quoi, il y a bien des directions différentes après un boyband et Harry semble avoir trouvé la sienne. On le retrouvera dans l’emblématique salle de l’Olympia le 25 octobre prochain pour un show déjà sold out en quelques secondes à l’image de sa tournée mondiale.

Coups de coeur : Meet Me In The Hallway, Sign Of The Times, Only Angel et Kiwi.

 

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