Interview – Chunk! No, Captain Chunk ! [FR]

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Groupe incontournable de la scène alternative internationale, les frenchies de Chunk! No, Captain Chunk ! sont de retour cette semaine avec un album à leur image. Son nom ? Gone Are The Good Days. Plus personnel, innovant et ambitieux que jamais, cet album est sans doute le plus réussi de tous. Il fait également la fierté de Bert, Paul et Bastien avec qui nous avons pu échanger quelques mots. 

Votre quatrième album, Gone Are The Good Days, sort le 30 Juillet. Trois de vos chansons ont déjà été dévoilées. Comment avez-vous travaillé sur cet opus ? Il me semble que le précédent remonte à il y a 6 ans. Du coup, est-ce que c’était quelque chose prévu de longue date ?

Bert : Une petite tranche de vie s’est passée entre cet album et le précédent. Je dirai que cet album aurait dû se situer selon le plan, bien plus tôt. Si on s’en était tenu au plan originel, ça aurait presque dû sortir en 2017. Ce qu’il s’est passé, c’est qu’on a commencé l’écriture de cet album en 2017 mais en fait on avait mis la barre un peu haute. On n’était pas satisfait de nos démos. On s’était dit « La vibe n’est pas là.». On a décidé de prendre le temps pour la première fois de faire les choses bien. C’était aussi un peu le fait de casser cette routine de tournée/ studio/ tournée/ studio. J’avoue que je commençais un peu à avoir une sorte de fatigue latente qui s’installait. Entre temps, on a commencé à monter un business de production musicale. Puis en 2020, arrive ce festival du Slam Dunk que l’on devait faire. Pour marquer le coup, l’idée c’était d’essayer de réactiver un peu la machine en sortant 2 singles. Le COVID étant passé par là, le Slam Dunk a été annulé. Deux singles se sont donc transformés en EP et l’EP est devenu un album. Je pense que cet opus devait de toute façon arriver. Le COVID a un peu facilité les choses, on va dire. Ce qui est cool, c’est qu’on a vraiment pu prendre le temps de réfléchir pour faire les meilleurs morceaux possibles. Du coup, on est très fier de ce qu’on a fait. On a tout fait maison. C’est enregistré dans notre studio.  C’est cool de pouvoir se remettre un peu sur pied comme ça. 

Avec ce nouvel album, vous semblez vous êtes fait vraiment plaisir en essayant de nouvelles choses. On a Marigold par exemple qui votre première chanson d’amour. Jusqu’où avez-vous expérimenté ?

Bert : Ah ça, c’est clair, on s’est vraiment fait plaisir à tenter des choses sur tous les morceaux. Je voulais vraiment donner le change par rapport aux albums précédents qui avaient vraiment un bon potentiel mais si on avait pris un tout petit peu plus de temps, ils auraient pu être encore meilleurs.. Avec celui-ci, on a voulu optimiser chaque morceau en se disant “Ok, comment on peut toujours plus élever le truc ?”. Je pense que c’est du coup ce qui identifie le plus cet album et qui fait qu’il est si particulier. On a pris le temps de tout calculer au millimètre près. Même au niveau complètement technique. Bon, je ne vais pas rentrer dans les détails car ça n’intéresse personne mais on s’est vachement pris la tête à ce niveau là. On est déjà dans un style de musique qui est tellement particulier et en plus, on a essayé de mélanger des choses qui sont complètement aux antipodes. C’est vraiment cool que tout ait si bien fonctionné, que ce soit au stade de l’écriture ou de l’enregistrement. En tout cas, personnellement c’est vraiment l’album dont je suis le plus fier. 

Du coup, vous avez vraiment eu la main sur tout ?

Bert : Bon, j’avoue les paroles j’ai un peu demandé de l’aide mais en tout cas plus de 90% du taf est fait maison. Le visuel de l’album, les vidéos, les designs, la pochette… On a vraiment eu la main sur tout même si on recevait de l’aide. On a vraiment pu diriger le truc. 

Ça a toujours été le cas ?

Bert : Pas vraiment. On laissait plus de place au label pour prendre des décisions pour nous, à regret parfois. On s’est souvent dit qu’on aurait dû plus faire les choses par nous-mêmes ou qu’on aurait parfois dû réfléchir un peu plus tôt à certaines choses mais on a souvent été pressé par des deadlines dans le passé. Là, pas du tout. Personne ne s’attendait à quoique ce soit de notre part : si on allait bientôt revenir avec un album ou non. Il n’y avait pas de réelle pression ou d’attente. Tout le monde nous a laissé faire le truc comme on le voulait. À partir du moment où on a dit qu’on voulait le faire et qu’on était capable de le faire nous-même, de mettre le plus de nous-même dans ce projet, on nous a dit “Ok, allez-y. Vous avez tant de budget. Débrouillez-vous« . Du coup, ça nous a permis à tous de bien mettre la main à la pâte et de faire un projet qui nous ressemble. C’est plus Chunk!, tel qu’on voudrait qu’il soit.

Bastien : C’est un tout. Il y a une pochette, un son… Tout s’emboîte assez bien, je trouve. 

Bert: Je pense que c’est surtout à ce niveau que le COVID a beaucoup joué. On a pensé à l’album dès le départ dans sa globalité. C’est une donnée super intéressante dans la démarche artistique. Limite j’avais déjà presque la tracklist en tête. Je me disais qu’il fallait qu’il y ait un titre dans cette vibe ci, un autre dans cette vibe là, un autre qui rappelle un morceau plus haut dans la tracklist… Pour la première fois, ce n’était pas un assemblage de morceaux mais un truc qui a, dès le début, été pensé dans sa globalité. Je pense que ça s’entend à l’écoute. C’est un album qui, à ce niveau là, est super cohérent.

C’est vrai que cet album semble un peu plus coller à votre image. Si on regarde rien que votre nom “Chunk! No, Captain Chunk!” est une référence aux Goonies, et on vous voit enfin débarquer avec des clips bourrés de références à la Pop Culture.

Paul : Je vais être un peu cru mais on a été un peu dégouté par nos anciens clips dans le sens où on n’avait pas vraiment la main dessus. C’est plutôt le label qui gérait ça. On nous disait “Vous tournez “tel” jour, vous avez “tel” producteur… ». On essayait d’apporter nos idées mais finalement, c’était plus le label qui avait son mot à dire. On essayait de nous donner un peu une image de “kids” alors qu’au bout d’un moment, c’est bien de faire évoluer les choses et de faire un truc qui nous ressemble plus. Du coup, on n’a jamais vraiment été satisfait de ce côté-là. On a enfin eu toutes les clés en main pour travailler avec les personnes que l’on souhaitait, comme on le voulait, en donnant nos directives et en mettant en avant nos envies. C’est notre dernier album avec Fearless Records et on voulait pouvoir en être fier, que tout soit nickel.

Si vous deviez choisir votre morceau préféré de l’album, ce serait…

Paul et Bastien : Complete You

Bert : Pareil, Complete You. C’est la plus “ovni”. Une fois tous les éléments mis ensemble, le morceau se révèle être une combinaison improbable et formidable.

Vous avez quand même pas mal tourné aux US et vous avez joué dans des festivals incontournables de la scène Pop-Punk/ Rock Alternatif comme le Warped Tour, ce qui même après toutes ces années, reste plutôt impressionnant pour un groupe français…

Bert : Oui à trois reprises aux US, plus l’Angleterre, plus le Mexique… qui finalement ne s’est pas fait.

Comment vous expliquez que ça marche à ce point aux US ? Vous devez percevoir une différence avec le public français qui de base n’est pas vraiment sur ce type de musique…

Bert : Dès le départ, on a été développé aux Etats-Unis. De toute façon, notre label avait tout intérêt à nous faire une réputation là-bas, avant de la construire en Europe et en dernier, en France. On a fait énormément de dates aux US à nos débuts. Je n’arriverais même pas à les compter. Et il faut voir aussi qu’il y a des festivals comme le Warped Tour, ce n’est pas qu’un show mais plus de 60 dates sur un même été. Le développement sur l’Europe et le reste du monde, ça reste quand même quelque chose d’assez récent. Pour dire, notre première tournée française s’est quand même passée en 2016, après trois albums. Niveau public, là je vais t’avouer que ça n’a rien à voir…

Paul : Après il faut dire que les Américains, le Rock fait partie de leur culture. Là-bas c’est : le Rock, la Country et le Rap, voire même le RnB. 

Bastien : Après le dernier concert qu’on a fait en France était chanmé quand même.

Paul : Oui il était chanmé. Mais aux Etats-Unis, c’est vrai que toi tu ne l’as pas vu mais dès les premières tournées que l’on a faites, ça a pris direct quoi (ndlr: Bastien est arrivé dans le groupe en 2015). On n’a pas vraiment eu à travailler le public au corps. Dès les premiers concerts, ça a pris cash et on s’est dit “Putain, c’est un truc de ouf ! On va aller au bout du monde. On est personne et on arrive, c’est notre première “vraie” tournée, organisée par un booker, voir tous ces gens là pour nous, c’est un truc de malade”. Après le tour français était dingue mais en soit on était déjà bien connu. Je pense qu’on avait fait cette même tournée à nos débuts, pas sûr que ça aurait été pareil. Ça reste quand même en grande partie une différence culturelle. La France n’est pas un pays Rock. Surtout que nous, on mix pas mal de genre dans notre musique et à l’époque aucun groupe français ne l’avait encore vraiment développé. Les Français ont mis du temps à se mettre à des groupes comme ADTR ou For Year Strong, ils n’ont pas explosé directement ici donc je ne sais pas si le public était vraiment près pour ça, en fait. Mais maintenant qu’on s’est fait un nom, l’ambiance est un peu partout la même…

C’est vrai que la scène Rock en France n’est pas bien grande et que le public plus restreint est dur à convaincre mais pour le coup je pense que vous devez avoir vos habitués ici. Le fan français est assez fidèle en général et on retrouve toujours un peu  les mêmes têtes un peu partout… Il y a quelque chose de vachement convivial. 

Bert : Et c’est en ça que c’est beau, en fait. Nous, on le voit par notre travail de production musicale. Quand on commence à discuter avec les groupes, on remarque que tout le monde se connaît. C’est un tout petit monde et c’est ça qui est marrant. C’est une espèce de noyau irréductible. Ce ne sont pas vraiment des gens qui viennent et vont du jour au lendemain changer de life et écouter des trucs complètement différents. Je pense que les gens qui ont grandi dans ces années-là, avec ces influences là, c’est pour la vie quoi. 

Ce n’est pas tout mais de parler de tout ça, nous rappelle que les concerts commencent vraiment à nous manquer. Alors sujet qui fâche : le Slam Dunk anglais. Vous étiez programmés mais on n’a toujours pas de nouvelles sur les conditions d’entrées sur le territoire britannique. Du coup, vous êtes maintenus ou pas ?

Paul : Même nous on ne sait toujours pas si ça va se faire. On attend. Puis même au niveau des visas… C’est la première fois que des groupes français vont venir jouer depuis le Brexit. Il y a eu le Download mais comme il n’y avait que des groupes anglais, le problème n’avait même pas lieu d’être. On a pas vraiment de retour sur tout ça donc on verra…

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