Chronique: un patchwork d’émotions et des genres pour The Used et leur dernier opus « Heartwork »

Heartwork, traduisez par « l’œuvre du cœur » nous livre un véritable patchwork de styles, d’humeurs et d’émotions. Cette œuvre, elle est entière et complexe, organique, instinctive, viscérale, sincère. A l’image de la complexité des sentiments et des chemins parfois hasardeux de la vie, l’opus qui peut sembler se perdre en chemin, ne sort jamais définitivement des railles. Retrouver The Used, c’est toujours un peu comme rentrer à la maison. Petite madeleine de Proust du post-hardcore, The Used a ce quelque chose de réconfortant et de familier. Cette véritable créature de Frankenstein faite de sons rock, punk, pop et électro, mais aussi de rage, de déception, de révolte et de tristesse, est une nouvelle fois dramatique à souhait et est un parfait exutoire. Il suffit de lire certains titres pour comprendre que les garçons ne mâchent toujours pas leurs mots: Blow Me, Wow I Hate This Song ou encore 1984 ( ndlr petit pique en clin d’œil au roman d’anticipation de George Orwell sur l’instauration d’un régime totalitaire).

Paradise Lost, A Poem by John Milton commence cette entrée fracassante dans un monde décousu à l’image de son clip psychédélique. Elle reste sans doute notre plus gros coup de cœur de l’album. Blow Me vient juste après nous exploser en pleine figure avec ses riffs puissants et ses passages screamés. Bert explique lors d’une vidéo behind the scene la raison de cette violence soudaine qui vient à l’occasion teinté leur paysage musical: The Used écrivent tout simplement comme ils respirent; ils composent de manière organiques; ce qu’ils ressentent, ils le transforment en notes à l’instant T. Plus la fatigue est présente, plus le son sera heavy. Leurs chansons suivent l’évolution de leur humeur; que ce soit en matière d’écriture ou de réalisation.

The Used gardent cette bonne vieille rage et cette combativité, cette douleur, cette noirceur dangereusement séduisante, cette main tendue réconfortante. Art aux points, sans devenir dérisoire et barbant, ils arrivent à garder leur identité tout en surprenant parfois avec des morceaux plus pop et dansants comme Bloody Nose qui nous rappelle le style d’un autre groupe que l’on aime beaucoup à Above The Noise, Set It Off.

BIG, WANNA BE quant à lui pourrait tout droit sortir du répertoire d’Imagine Dragons. Le groupe continue à surprendre avec Cocoon, petite interlude aux arrangements futuristes qui nous fait basculer sur la très rock électro Cathedral Bell. Puis 1984 vient nous replonger dans la violente réalité; l’ignorance murmurée au creux de notre oreille alors que les guitares grondent en fond, accompagne les mensonges qui nous bercent alors que la Black Parade nous attend patiemment. Doit-on voir ici une référence à leurs anciens partenaires de scène et amis, My Chemical Romance? La rumeur court en tout cas que les deux groupes pourraient tourner ensemble en 2021.
A suivre …

Avec Clean Cut Heals, l’album glisse vers un style très déconcertant et des pistes plus dancefloors à l’image d’Heartwork et The Lighthouse. Cette dernière offre un joli solo de basse funky de Mark Hoppus. Il passe ensuite la main à son pote Travis Baker pour Obvious Blasé.

Vous l’aurez compris, des guests il y en a sur cet album! Le premier à rejoindre The Used, c’est Jason Aalon Butler de Fever 333 sur Blow Me, puis Caleb Shomo, Beartooth, boucle les invites avec The Lottery.
Heartwork se clôture avec la passive/agressive To Feel Something et son tumulte d’émotions et de genres. Le cri désespéré « Je veux ressentir quelque chose » est déchirant et nous laisse en alerte, un peu sonné.

Un bel album dans son ensemble que l’on prend plaisir à écouter en boucle mais qui nous perd un peu pendant quelques chansons avant de revenir en force. Coups de coeur pour Paradise Lost, a poem by John Milton, Bloody Nose, 1984, Blow Me et Gravity’s Rainbow.

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