Le 9 novembre sort Facing Canyons, le dernier album événement de Bastian Baker. Nous sommes parti à sa rencontre pour un voyage au cœur de la musique folk.

Comment est né ton amour pour la musique et plus particulièrement pour la folk ?

Mon amour pour la musique est exclusif, ce qui explique mon célibat. (rires)
Il est intense, émotionnel, vrai. J’aime la musique plus que n’importe qu’elle autre chose. La musique folk, c’est la musique qui m’a bercée, celle que mes parents écoutaient, celle que j’ai commencé à jouer avec ma guitare.

As-tu des idoles folk ?

Pas spécifiquement folk car quand tu vois des mecs comme Bruce Springsteen par exemple, il représente pour moi ce qui se rapproche le plus d’une idole, et il est tout aussi rock que folk. Il y a aussi ces artistes qui ont remis la folk au goût du jour comme Mumford and Sons. Ils nous ont rendu un grand service parce que c’est un style qui était un peu en train de mourir. Ils ont bien re-popularisé le truc.

Composes-tu tes propres textes et mélodies ?

Absolument tout. Je produis, j’arrange et je fais même la promo. (rires)

Puises-tu ton inspiration dans tes nombreux voyages et rencontres ?

C’est mes seules tranches de vie. Je vais peut-être moins approfondir mes rencontres avec les gens mais je vais surtout m’inspirer de ces voyages, de ces villes, de leur énergie et des choses que je vois, que je ressens … Tous ces voyages, c’est mon quotidien !

Comment décrirais-tu ton évolution musicale au cours de ces dernières années ?

Constante… Mon premier album est sorti de nulle part. J’étais ado, j’avais mes petites chansons qui parlaient de mon traumatisme adolescent. Il était très pop et comme tout artiste un peu pop j’ai voulu montrer que je savais aussi faire du rock. J’ai donc un peu intensifié la guitare sur le deuxième album. Je pense que le 3ème album est devenu folk à cause des tournées. On en fait pas mal et parfois en version réduite. C’est là où je me suis rendu compte que ça pouvait très bien marcher simplement avec un kick, un tambourin, une guitare et un piano. C’est à ce moment-là que je suis parti sur quelque chose de plus simple, de plus « less is more ».

Tu t’étais réorienté vers une carrière de hockeyeur. Pourquoi être retourné finalement vers la musique ?

J’ai toujours fait les deux en parallèle. J’ai commencé le hockey j’avais 7 ans, tout comme pour la guitare. Au début, j’étais même plutôt orienté vers le hockey. J’ai joué 13 années et j’étais passé pro sur ma dernière saison donc en soit c’était mon job. J’ai cependant toujours eu le rêve de faire de la musique et de pouvoir en vivre un jour.

Tu as écrit une chanson sur les événements tragiques de Charlie Hebdo, Charlie from Sydney. Peux-tu nous parler de cette composition ?

En fait, elle réunit deux attentats, celui de Sydney au Café Lindt et l’attentat de Charlie Hebdo à Paris. Les deux fois j’étais à l’étranger et à chaque fois j’étais au sommet de ma vie. J’étais à Las Vegas, c’était vraiment le bon délire et d’un coup je vois ça à la télé. Ça m’a vraiment mis le moral dans les chaussettes. L’histoire est quand même assez bouleversante puisque tout de suite après j’étais en Island. J’étais en train de composer la mélodie de cette chanson quand mon assistante est rentrée dans la chambre pour me dire « Est-ce que tu as-vu ce qu’il s’est passé à Paris ? ». Du coup, j’ai fini d’écrire la chanson. Et dans cette chanson, qui n’est pas une chanson politiquement engagée comme on essaie de me faire dire, je dis simplement que je suis triste et dépité de voir que de telles choses se passent, que des pauvres vies innocentes soient enlevées comme ça. C’est un peu un cri du cœur. J’aurais souhaité qu’elle reste une chanson hommage mais malheureusement, ça redevient une chanson d’actualité tous les 3 mois.

La musique a un rôle particulier dans ce genre de situation ?

Bien évidemment. La musique est primordiale dans ce genre de situation. Quand il y a eu les attentats au Bataclan, j’ai décidé de partir à la montagne et de ne plus jamais en redescendre. Je me disais : « on verra de là-bas ce que le monde devient, il est trop cinglé pour moi ». C’est à ce moment où j’ai eu mon équipe qui m’a rappelé ce qu’était la musique. Tous les soirs, j’ai devant moi des juifs, des chrétiens, des musulmans, qui sont noirs, blancs, jaunes, rouges, verts… Des personnes qui viennent du monde entier et qui réussissent très bien à cohabiter dans une salle de concert. J’ai ce côté un peu idéaliste de me dire si ça marche dans une salle de concert, alors pourquoi ça ne marche pas ailleurs ? J’ai alors décidé de maintenir les deux concerts que j’avais le lendemain de ces attentats. C’était atroce car avec une chanson comme Ain’t No Love, dans laquelle je dis « There ain’t no religion if you believe in people… », j’ai dû faire trois fois l’intro avant de pouvoir la sortir. Tout le monde pleurait. Nous nous sommes au moins retrouver dans la détresse humaine. Ça permet aussi de voir que cela reste des cas isolés de gens complètement cons qui n’ont rien d’autre à foutre dans leur vie que de tuer.

Pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour sortir ton album chez nous ?

C’est une sortie mondiale. Il est déjà sorti en Suisse il y a un an ainsi qu’au Japon et au Canada pour des questions de calendrier. C’était plus pratique pour pouvoir caler des tournées. J’aimerais que tout soit synchronisé mais on doit faire en fonction de nos agendas et de la popularité. On a enfin réussi à trouver une date qui synchronise à peu près le monde entier. On avait vraiment eu l’urgence en Suisse parce qu’on a toujours un an d’avance sur les sorties, tout simplement car c’est là-bas que j’ai commencé. Il n’y a pas de racisme de sortie ou de punition. (rires)

On sent une forte influence américaine dans ce dernier album…

J’aime beaucoup les Etats-Unis. J’y vais depuis que je suis gamin. Ils ont une culture musicale vraiment cool. Il y a du live partout. J’ai joué pour la première fois cette année à Nashville et c’était super flippant. Broadway est assez impressionnant.  Dans n’importe quel bar de Broadway sur 4 étages il y des « moi » un peu partout qui jouent. Après, c’est vrai que j’aime clairement la musique américaine. La folk est américaine et je trouve que c’est un joli moyen d’exprimer ce qu’on ressent.

A quoi doivent s’attendre les fans français ?

Je n’ai jamais trop d’attentes. Je dirais que c’est un album honnête dans lequel je parle de choses aussi variées que les relations, les ruptures, les perceptions dans le temps, le temps en soi, la religion, la philosophie… Toutes les questions qu’on se pose tous les jours je les mets en chanson, le tout saupoudré d’une folk assez dynamique ou langoureuse suivant les morceaux. C’est un album réellement fait pour le live. Je n’ai pas eu besoin de le réadapter et ça, c’est une réelle satisfaction.

Et si tu devais le définir en un mot, ce serait…

Baker ? (rires)

As-tu déjà un titre préféré sur cet album ?

C’est devenu Ain’t No Love. Je n’attendais rien de cette chanson. Au début, je ne l’a trouvais pas terrible du tout et puis on l’a tout de même enregistrée en studio et elle a commencé à se tourner en ce truc un peu folk que j’adore. C’est vraiment devenu la chanson que je préfère jouer en live. C’est un morceau qui me permet de pas mal emballer les gens. C’est un moment fort en concert.

Tu te produiras à Paris en novembre. Que nous prévois-tu ?

Je serai probablement en acoustique,  c’est-à-dire en guitare/voix avec un pianiste. Il y aura un côté super intimiste. On va discuter, faire des blagues, écouter des chansons, être sérieux, rire, pleurer… Comme d’habitude, je serai dispo pour jouer les chansons que les gens voudront entendre. On est vraiment connu pour cette flexibilité en live et ne jamais arriver avec des shows trop mécaniques.

Quels sont tes projets à venir ?

Il a déjà cette tournée sur la fin d’année qui est assez importante. J’ai aussi pas mal d’autres chansons d’écrites sur lesquelles je vais retravailler cet automne pour pouvoir idéalement enregistrer quelque chose l’année prochaine. J’ai également d’autres projets plutôt marrants comme tournée dans un film indonésien et puis je vais continuer à voyager à travers le monde, faire plein de concerts, rencontrer des gens, rire…

Un message pour tes fans français ?

Je me réjouis de vous retrouver car ça va quand même faire deux ans que je me suis absenté. Ça va être cool, on va passer une bonne soirée. Je remercie ceux qui continuent de me suivre parce que ça fait quand même des années que ça dure. Je suis super reconnaissant de cette attention que vous m’apportez. Merci !

 

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